Rien n’est moins sûr. Le Bundesamt für Strahlenschutz (BFS), l’autorité fédérale allemande chargée de la surveillance des déchets nucléaires, envisage d’évacuer les quelques 126 000 barils de déchets radioactifs à faible et moyenne radioactivité, stockés à Asse, en Basse-Saxe.
Cette ancienne mine de sel et dépôt de munitions du III° Reich, qui accueille depuis 1967 les déchets de l’industrie nucléaire allemande, est en effet soumise chaque jour à un ruissellement de plus de 12 000 litres d’eau. Les conséquences sur les fûts radioactifs sont désastreuses, les galeries s’effondrant sur ceux-ci font peser sur la nappe phréatique la menace d’une contamination irréversible. En cas d’inondation, l’eau, dont l’origine et la destination demeurent indéterminées, se mêlerait au contenu des fûts endommagés… Une telle pollution pourrait rendre la région de Brunswick inhabitable pour ses plus de 250 000 habitants.
Dans un rapport de 2009, le BFS affirmait pourtant disposer de « bonnes nouvelles » concernant le site de stockage de Asse II, en envisageant deux solutions pour répondre au problème d’infiltration d’eau. Pompage de l’eau en sous-sol et comblement de la mine par du béton spécial. Or, dans son rendu final du 15 janvier 2010, force est de constater que seule l’évacuation des déchets permettrait d’éviter la catastrophe écologique selon le BFS.
La situation, décriée depuis des décennies par les associations écologistes, semble surprendre les spécialistes allemands du nucléaire. En effet, le site de Asse II n’est passé sous le contrôle du BFS qu’en février 2009, son ancien gestionnaire, le centre Helmholtz de Munich, ayant visiblement omis d’informer les pouvoirs publics de la criticité de la situation.
Toujours est-il que le temps presse, le BFS estime que la mine ne sera plus exploitable d’ici 2020. Or, les risques croissants d’inondation, les délais des travaux, estimés à 10 ans, et les risques de contamination des ouvriers qui procéderaient à l’évacuation vont rendre la situation périlleuse.