Le “retard” français sur l’éolien, oui, mais:

Le “retard” français sur l’éolien, oui, mais:

Beaucoup de questions se posent sur l’efficacité réelle de ce que certains nomment « les énergies propres » ou « énergies renouvelables ». Que signifient réellement les mots « propre » et « renouvelable » ? Naïvement, je pensais que ces énergies utilisant l’eau, le vent et le soleil étaient sans conséquence pour l’environnement et pouvaient nous fournir, à l’avenir, de l’électricité sans toucher à notre belle planète. Mais les éoliennes, les cellules photovoltaïques, les voitures électriques, les barrages hydroélectriques n’ont malheureusement pas que des avantages et ne sont pas – encore – à la hauteur de nos espérances de « bienfaiteurs écologistes » que nous sommes tous (paraît-il ?).

Afin de savoir à quoi s’en tenir, tâchons de faire un rapide tour d’horizon de ce que nos GI (Gentils Ingénieurs) nous proposent aujourd’hui et ce qu’il vaut mieux installer dans son jardin pour se coucher l’esprit tranquille sur une planète mourante.

L'EOLIEN


 

Je commence par celui-ci car il semble présenter de très nombreux avantages : tout d’abord, il émet peu de CO2 par MWh produit. Je traduis pour les non-avertis : vous pouvez voir sur le graphique ci-dessous l’analyse du cycle de vie de plusieurs moyens de production d’électricité.

 



 

On a tendance à se dire que l’éolien ne dégage pas de CO2, ni les panneaux solaires, ni les centrales nucléaires, de part leurs modes de production basés sur du combustible « sans carbone » (il n’y a pas de trace de carbone connu dans le vent, le soleil et l’uranium). Pourtant, il ne faut pas s’arrêter à cette analyse et plutôt regarder ce qu’on consomme du DEBUT à la FIN de la vie du produit. Ainsi, si vous achetez des produits bios (donc qui ne polluent pas le sol) à l’autre bout du monde et que vous les faites livrer à domicile, le CO2 dégagé dans les transports sera énorme comparé aux deux carottes bios que vous souhaitiez grignoter.

 



 


 


Il faut donc être logique et cultiver bio dans son propre jardin pour que le bilan – soit le cycle de vie – de votre carotte bio soit réellement « bio ».

Pour une éolienne, l’analyse est la même et on regarde ce qu’elle coûte en « équivalent CO2 » de sa construction à sa démolition.


Selon le graphique, nous constatons donc que l’éolien est en bonne place. Le problème est ailleurs, notamment sur leur rapport taille/puissance et ensuite sur leur disponibilité. Je ne m’attarde pas sur le dernier point car tout le monde se doute que sans vent, pas d’électricité. Mais il faut savoir également que toutes les vitesses de vent ne font pas tourner une éolienne. Comme les femmes, ces machines ont leur « vent G », et comme les femmes, ce « vent G » est souvent très précis … de ce fait, les éoliennes ne fonctionnent que rarement et sont donc longues à rentabiliser d’un point de vue économique (la comparaison avec les femmes s’arrêtent avant évidemment).

Regardons plutôt le rapport taille/puissance (je vais évincer le rapport avec les hommes cette fois). Sur le site de RTE (Réseau du Transport d’Electricité), vous pouvez connaitre chaque jour quelle est la puissance consommée suivant l’heure de la journée (on y constate par exemple que les pics de consommation sont autour de 19h et qu’EDF serait ravi que vous fassiez la sieste à ce moment là au lieu d’allumer lumière, chauffage, ordinateurs et télévisions en rentrant chez vous).

Allons au 1er novembre 2009 par exemple et prenons la consommation minimale de la journée, soit environ 40 000 MW (vers 5h du matin). C’est la puissance à fournir pour éviter le Black-Out. Prenons un modèle d’éolienne de 5 MW de puissance et de diamètre 126 m (modèle 5M Repower) : évidemment, plus l’éolienne est grande, plus elle est puissante (comme il paraît que les français ne sont capables que de s’intéresser au foot, 126 m, c’est à peu près la longueur d’un stade de foot).

Calculons maintenant la surface nécessaire à fournir cette puissance à la France (en supposant qu’on a un bon vent ce jour là et que tout tourne) : selon l’ADEME, il faut une distance de 400 m minimum entre 2 éoliennes.


 

Une éolienne occupe alors un carré de 400 + 126 = 526 m de côté (oui, elle tourne avec le vent), soit une surface de :

 


526 x 526 = 276 676 m² (le Stade de France fait 11 000 m²).

Pour la France, il nous faut : 40 000 / 5 = 8 000 éoliennes.

Soit en surface : 8 000 x 276 676 = 2 210 km² (environ), ce qui correspond quasiment à la surface du département des Yvelines.

Je sais que ça ferait plaisir à certaines personnes de raser les Yvelines pour mettre des éoliennes mais je peux faire pareil avec tous les départements. Et ce calcul est fait en considérant un vent « parfait », des éoliennes « parfaites » et une consommation minimale (elle double dans les pics de la journée). A cette vitesse, on va en raser des départements ! On comprend vite l’incohérence de ne faire QUE de l’éolien.

Pour info : un réacteur de centrale nucléaire (ce que l’on a de plus puissant en France) fait 1300 MW pour une surface de 30 000 m² (je prends large).

Je passe sous silence volontairement les aspects bruits, nuisance visuel (ça dépend de vos goûts) et gênes de la migration des oiseaux (oui messieurs, les éoliennes attaquent) car d’autres sites en traitent largement et ces points sont trop subjectifs pour constituer un véritable argumentaire. A vous donc de continuer la réflexion sur nos jolies hélices, notamment du point de vue économique (à ne pas négliger tout de même) …


Source :

[1]http://www.developpement-durable.veolia.com/library/fr/standalone/publications/autres/2408,References_ENERGIE.pdf