Pour la deuxième année consécutive, Total devrait annoncer début février prochain des bénéfices mirobolant pour l’année 2009 (14 milliards d’euros pour l’année 2008). Pour autant, le géant pétrolier s’apprête à refaire le même coup que l’année dernière en fermant la raffinerie de Dunkerque, laissant ainsi sur le carreau plus de 600 emplois.
Total souhaiterait délocaliser son usine de Dunkerque afin de s’implanter en Arabie Saoudite, plus précisément dans la ville de Djoubaïl. En collaboration avec la société Saudi Aramco, compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures, ces deux grands de l’industrie pétrolière ont décidé d’investir près de 7 milliards d’euros dans la construction de cette raffinerie.
Afin de se sortir de cette situation quelque peu embarrassante, le géant français entend utiliser l’argument à la mode actuellement : les énergies renouvelables ! En effet, Total souhaiterait profiter de la mode « développement durable » et proposerait ainsi à ses employés des reconversions dans des sociétés tels que Photovoltech ou Tenesol spécialisées dans le photovoltaïque ou bien dans le secteur de l’éolien.
De plus, un autre sujet est la plupart du temps occulté : la délocalisation de la raffinerie entraînerait une seconde délocalisation, celle des émissions de gaz à effet de serre. S’implanter en Arabie Saoudite permettrait à Total d’être au plus près des lieux d’extraction mais aussi d’échapper à l’application de la taxe carbone en France. Lorsque l’on voit la position de l’Arabie Saoudite lors de la conférence de Copenhague sur cette question épineuse, on comprend bien pourquoi Total a tout intérêt à s’implanter dans cette région.
Au final, les discours écologiques du géant pétrolier se tenant dans l’Hexagone semblent être d’une toute autre nature à l’extérieur du territoire français. Quelle sera la réaction du gouvernement français concernant cette nouvelle affaire ? Fin de l’histoire, le 1er février prochain !
BON DEPART